Trump, le meilleur allié des « Nouvelles Routes de la Soie » ?

Alors qu’à la fin janvier 2018, Trump achèvera sa première année à la tête des Etats-Unis, retour sur ses choix concernant ses relations avec la Chine et l’Asie, et les conséquences sur la mise en place des « Nouvelles Routes de la Soie ».

 

Trump

Les leaders des 2 pays, dans la résidence de Trump, Mar-A-Lago, en Floride, en Avril 2017, lors de leur première rencontre.  Crédits: aljazeera.com

 

Jusqu’ici, les décisions de l’administration Trump concernant directement le projet des «Nouvelles Routes de la Soie » ont été plutôt contradictoires. D’abord, à rebours de la présidence précédente, Trump a décidé d’envoyer un représentant au sommet consacré au projet en mai dernier. Matthew Pottinger, Responsable de l’Asie dans le National Security Council du président, a encouragé la Chine à adopter un processus transparent, déclarant que les entreprises américaines avaient beaucoup à offrir au projet.

 

Dans le même temps, le secrétaire d’Etat à la défense Jim Matthis déclarait au Sénat que « In a globalized world, there are many belts and many roads, and no one nation should put itself into a position of dictating ‘one belt, one road’ » (« Dans un monde globalisé, il y a beaucoup de routes, et aucune nation ne peut être en position d’imposer ces nouvelles routes »). Cette position plutôt hostile est confirmée quelques mois plus tard par le soutien des Etats-Unis aux complaintes indiennes concernant le projet.

 

Mais l’abandon par Donald Trump du Partenariat Trans Pacifique ou TPP, qu’il juge nuisible aux emplois américains est aussi un tournant significatif dans la politique asiatique de l’Oncle Sam, que Barack Obama avait défini sous sa présidence comme un « pivot vers l’Asie ». Pour Jean-François Di Meglio, président du centre de recherche Asia Centre, ce choix est le symbole de la conception des relations internationales de Trump, une promotion du bilatéralisme au détriment du multilatéralisme et de ses accords qu’il juge trop contraignants pour son pays.

 

La Chine voyait cette politique comme une volonté de contrer sa propre politique de plus en plus interventionniste dans les affaires régionales. Le leader chinois Xi Jinping a profité de ce changement de cap, s’employant depuis un an à adopter une image sur la scène internationale qui était normalement dévoué au président américain : chantre du libre-échange économique lors du dernier Forum Economique mondial de Davos en Janvier 2017, défenseur du climat après l’annonce du retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris de Décembre 2015. Le lancement officiel du projet des « Nouvelles Routes de la Soie » en Mai 2017, basé sur une coopération multilatérale avec les autres pays asiatiques et européens, va également dans ce sens.

 

Ainsi beaucoup de pays d’Asie sont aujourd’hui tiraillés entre les 2 plus grandes puissances économiques du monde. Les ambitions chinoises sont encore perçues par les populations des pays voisins comme susceptibles de leur faire perdre la main sur leur indépendance économique et politique. Il y avait alors un besoin d’une Amérique présente dans la région, qui aurait pu être considéré par ces populations comme un garde-fou aux volontés chinoises, un point d’équilibre salutaire. Mais ce qui dérange surtout du côté américain, c’est l’absence d’alternative à la politique d’Obama : « Donald Trump est en train de déconstruire les alliances historiques, mais sans pour autant poser de nouvelle architecture pour leur succéder », selon Philip Golub, professeur de relations internationales à l’Université américaine de Paris.

 

Surtout que les 11 nations restantes du Partenariat Trans Pacifique continueront l’alliance avec ou sans les Etats-Unis. Cela va surtout les inciter à travailler encore plus avec la Chine sur le commerce et la sécurité régionale. L’ambassadrice Susan Rice le constate, « Our President is helping to Make China Great Again » (« Notre président aide à rendre sa grandeur à la Chine »). Xi Jinping a déclaré aux autres chefs d’Etats asiatiques que la Chine prévoyait d’être plus impliquée et d’ainsi combler le vide crée par l’absence de leadership de Trump. Le Partenariat Trans Pacifique, en rapprochant 11 nations de la sphère d’influence des Etats-Unis, était conçu comme un moyen de contrebalancer la domination économique chinoise en Asie. Ce retrait de Trump est donc un véritable cadeau pour Pékin, qui peut donc promouvoir et mettre en œuvre son initiative des Nouvelles Routes de la Soie beaucoup plus facilement.

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