Les relations Chine-Bretagne en 2017 : un bon cru ?

Alors que 2017 s’est achevé, petit bilan des moments forts des relations économiques entre la Chine et la région bretonne qui ont fait l’actualité lors des douze derniers mois.

 

Article2017

 

2017, un grand millésime des relations entre les entreprises chinoises et la Bretagne ? Le premier exemple médiatisé cette année tend à répondre par l’affirmative. Au mois de juillet que la société bretonne Actility, basée à Lannion, a annoncé son arrivée sur le marché chinois, après que le gouvernement chinois l’ait choisi pour un projet faisant partie de l’initiative des Nouvelles Routes de la Soie, par l’intermédiaire d’un partenariat avec Ginko Ventures, entreprise chinoise consacrée comme Actility aux objets connectés. Le consortium qui est né de cette alliance, ThingPark China, a signé un contrat avec le district de Xi’an et le groupe Shaanxi radio and television network pour l’installation d’un réseau internet sur une zone de 23km2.

 

Il s’agit d’un réseau test, dans la ville universitaire de Beilin, de la technologie de l’Internet des Objets (IoT), c’est à dire l »extension d’Internet à des choses et à des lieux du monde physique. Alors qu’Internet ne se prolonge habituellement pas au-delà du monde électronique, l’Internet des objets connectés représente les échanges d’informations et de données provenant de dispositifs du monde réel avec le réseau Internet. D’énormes retombées économiques sont attendues pour la région. Mais également pour Actility, spécialiste de ces réseaux et 1re entreprise au monde à introduire cette technologie dans un projet des Nouvelles Routes de la Soie. Cela suit une levée de 71 millions d’€ par l’entreprise pour renforcer ses activités en Chine.

 

Cet éclatant succès fut suivi d’un autre à la fin de l’année. En décembre, c’est l’entreprise agro-alimentaire Olmix, installée à Bréhan dans le Morbihan et implantée en Chine depuis 20 ans, qui a reçu le Prix de l’innovation des Equipes Franco-Chinoises, récompensant les projets innovants des équipes biculturelles entre les deux pays. C’est dans la catégorie « produit innovant » qu’a été sélectionné, au nom de Olmix Chine, le Mfeed+, un additif alimentaire naturel basé sur la technologie algue-argile qui vise à améliorer la digestion donc à réduire l’utilisation des antibiotiques utilisé dans la nutrition animale.

 

Mais tous les exemples sont loin d’être de grandes réussites, comme l’actuelle situation dans l’entreprise Synutra. L’annonce de l’installation de cette entreprise chinoise à Carhaix en 2013 avait fait naître alors beaucoup d’espoir. 170 millions d’€ d’investissements pour une usine de fabrication de poudre de lait, exclusivement réservée au marché chinois, qui incluait la transformation de 300 millions de litres de lait venant de 700 producteurs. Cela est dû à la recherche d’un lait de qualité par les consommateurs chinois, encore scandalisés par la mort de de 6 bébés à la suite de contaminations par du lait frelaté à la mélanine en 2008.

 

Cette décision était considéré comme un véritable soulagement, d’abord pour la coopérative de producteurs de lait Sodial, qui grâce à ce contrat avec Synutra attendait environ 20 millions d’€ de recettes supplémentaires par an, qui sont le bienvenu en pleine crise du lait. Même si à l’époque, les producteurs avaient émis des doutes sur les conséquences d’un tel contrat sur les prix et les conditions de travail. Un véritable soulagement aussi pour les 250 personnes qui ont trouvé un emploi sur le site, sans compter les nombreux emplois indirects en conséquence.

 

Pourtant fin 2017, un an après son inauguration, la situation est loin des ambitions annoncées, surtout pour les employés de l’usine, dont une partie se plaint de conditions de travail de plus en plus difficiles. Conditions de travail, organisation, attitude de la hiérarchie, les méthodes managériales des patrons français sont dans le viseur des syndicats, auxquels les employés demandent plus de respect. En attendant, les plaintes s’accumulent : « On vit avec la peur. On ne peut rien dire car on craint toujours de se faire licencier. On ne communique plus car on se méfie de tout le monde. Ce climat de peur, c’est ça le pire » témoigne un des employés. Important turn-over du personnel, démissions, licenciements sont les conséquences les plus nettes de cette situation.

 

Cet exemple rappelle que la volonté de partenariats économiques, que ce soit entre les entreprises chinoises et bretonnes ou autres, n’est pas suffisante pour en faire de francs succès. Néanmoins, au-delà de cet exemple, 2017 aura vu la franche réussite des entreprises bretonnes, dans leurs relations économiques avec l’Empire du milieu.

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