Atelier agro-industrie

L’ATELIER

 

Cet atelier ambitionne de dresser un bilan des gigantesques besoins chinois en matières de produits alimentaires d’une part, et de la complexité des agréments et de la réglementation d’autre part. Le projet des Nouvelles Routes de la Soie va considérablement augmenter les possibilités d’échange entre nos deux territoires, il est donc important d’appréhender les particularités du marché chinois en matière d’agro-alimentaire.

 

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DESCRIPTIF

 

UN SOLDE AGROALIMENTAIRE FRANÇAIS POSITIF VERS LA CHINE

Les échanges commerciaux entre la Chine et la France sont marqués par un fort déficit commercial en défaveur de la France, négatif de 28 milliards d’euros en 2015 avec 18 milliards d’euros d’exports contre 46 milliards d’euros d’imports. Le défi est donc de mettre en œuvre les politiques nécessaires au rétablissement de l’équilibre entre les deux partenaires. Ce à quoi la Chine semble ouverte, puisqu’en 2015, les exportations françaises vers le pays ont progressé de près de 11%. Plus particulièrement, il faut noter que cette balance commerciale entre la France et la Chine devient positive sur certains secteurs clés pour notre région. En 2015, les importations chinoises de produits français ont ainsi augmenté de 49,7% pour les industries agricoles et agroalimentaires et de 46,7% en matière d’exportations de viandes de boucherie, traduction du déficit commercial agroalimentaire chinois, qui s’élève à près de 34 milliards d’euros en 2015.

 

L’ENJEU DE LA SECURITÉ ALIMENTAIRE POUR UNE DEMANDE CHINOISE EN EXPLOSION

Cela s’explique en partie par le nouveau modèle de croissance chinois, qui soutient la très forte augmentation de la demande intérieure. Celle-ci est portée par une classe moyenne en pleine expansion et à la recherche de produits de meilleure qualité. Il faut garder en tête que la Chine représente 20% de la population mondiale, mais ne dispose que de 10% des terres arables sur la planète, terres arables qui plus est menacées par l’expansion des zones urbaines. Le pays est donc aujourd’hui confronté à un véritable enjeu de sécurité alimentaire.

 

LA SURETÉ ALIMENTAIRE AU COEUR DE LA TRANSITION AGROALIMENTAIRE CHINOISE

Par ailleurs, le secteur agroalimentaire chinois est en pleine transition, soutenue par le gouvernement du pays, qui accélère la restructuration agricole du pays et mène des politiques fortes, tant dans les formes de la production qu’en termes de normes sanitaires. L’enjeu de sécurité alimentaire se double alors d’une problématique de sûreté alimentaire, porté par la demande croissante de qualité d’une population sensibilisée par plusieurs scandales sanitaires de grande ampleur.

 

UNE INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE BRETONNE PUISSANTE MAIS A REPENSER POUR L’EXPORT

En Bretagne, l’activité agroalimentaire représente le premier secteur industriel, avec plus de 160 000 emplois et plus de 20 milliards de chiffre d’affaire. La filière viande de la région est la première de France avec près de 55 000 emplois et plus de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaire. Cependant, la crise qui touche le secteur agroalimentaire breton depuis 2013 doit inviter à repenser la nature de notre industrie si nous souhaitons être en mesure de saisir les opportunités qui s’ouvrent en Chine. De meilleures politiques de communication à l’étranger sur les mérites de nos produits, s’appuyant en particulier sur l’exigence de nos labels, renforcerait également l’attrait des marchandises bretonnes auprès d’importateurs à la recherche de qualité. Enfin, la transition du modèle agricole chinois est une occasion unique pour les producteurs bretons de faire valoir leur expertise auprès d’agriculteurs chinois.

 

DES REFLEXIONS SUR l’ACCOMPAGNEMENT REGLEMENTAIRE A L’EXPORT NECESSAIRES

Néanmoins, le succès des projets agroalimentaires bretons en Chine se heurte bien souvent à des contraintes réglementaires très fortes. Nos entrepreneurs doivent en effet garder à l’esprit qu’il est illusoire de simplement se focaliser sur les négociations de contrats d’exportation pour assurer le succès des opérations de vente. Compte tenu des difficultés administratives bien souvent rencontrées pour obtenir les accréditations locales, rien ne garantit alors que le produit pourra un jour recevoir l’agrément nécessaire à sa distribution sur le territoire chinois. Au besoin appuyée par des experts des réglementations chinoises, voire les pouvoirs publics, la construction d’une conscience aiguë de ces contraintes administratives dans l’export vers la Chine doit donc accompagner nos entrepreneurs dans leurs projets chinois afin de prévenir les situations de blocages déjà observées dans le passé.  

 

LES INTERVENANTS

 

  • Guillaume Roué – Président de l’Office international de la viande
  • Hervé Lanoë – Directeur général de FIT Group
  • Gerald Ettinger – Manager Marketing chez Neovia (société spécialisée en petfood)

 

 

Pour plus d’informations, contacter : marie.bourbon@etudiant.sciencespo-rennes.fr

 

Mots-clés : solde agroalimentaire positif ; sûreté alimentaire ; sécurité alimentaire ; transition agricole ; montée en gamme industrielle ; contraintes réglementaires à l’export

 

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